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04/07/2008 : 30% au lieu de 20%, de mieux en mieux ?
Ven 4 Juil - 23:45 par Cédric83
L'Express a écrit:
L'UE veut réduire ses émissions de CO2 de 30% d'ici 2020


L'Union européenne affiche son optimisme quant à la possibilité de parvenir à la fin de l'année à un accord permettant de réduire ses émissions polluantes de 30%, et plus seulement de 20%, à l'horizon 2020.
Les ministres de l'Environnement des Vingt-Sept se sont réunis dans le domaine de Saint-Cloud pour la première rencontre de la présidence française de l'Union européenne, qui a fait de ce dossier la priorité absolue de "son" semestre.
Même si de nombreux points opposent encore les Vingt-Sept, et notamment la France et l'Allemagne, l'optimisme règne.
"L'état d'esprit est extrêmement positif", a dit le ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui avait convié à Saint-Cloud des députés européens, le ministre congolais de l'Environnement, Endundo Bononge, et des scientifiques.
Le but des pourparlers est de concrétiser l'objectif adopté en 2007 par les dirigeants européens d'une réduction de 20% des émissions de CO2 par rapport à 1990, voire 30% en cas d'accord international, en imposant de nouvelles contraintes aux industries, en produisant au moins 20% d'énergies renouvelables en 2020 et en portant à 10% la part des biocarburants.
L'UE doit aller vite en besogne et veut conclure un accord européen avant la fin de l'année afin d'être en position de force pour aborder la négociation internationale qui s'ouvrira fin 2009 à Copenhague sur l'après-protocole de Kyoto.
OBJECTIF 30%
Les efforts prévus dans le cadre de cet instrument, qui expire en 2012 et dont les Etats-Unis ne font pas partie, doivent être redoublés et l'Union européenne entend clairement donner l'exemple pour entraîner les autres grands pollueurs.
Les engagements pris par les deux candidats à l'élection présidentielle américaine en faveur de la lutte contre le changement climatique ont d'ailleurs incité les Vingt-Sept à parier sur la conclusion d'un accord très ambitieux.
"Oui, on est vraiment sur 30% (de réduction)", a dit Jean-Louis Borloo. "20%, c'est à défaut."
Le ministre tchèque de l'Environnement, Martin Bursik, dont le pays assumera la présidence de l'UE après la France, a confirmé la révision à la hausse des ambitions européennes.
"La plupart des délégations estiment que l'objectif de 20% sera transformé en 30%", a-t-il estimé. "Le changement important se déroule aux Etats-Unis. Les deux candidats à la présidence s'attaquent au problème du changement climatique."
Le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, a abondé dans le même sens: "20% (...), ce n'est pas assez. Ce dont nous avons besoin, c'est de 30% de réduction."
Le partage du fardeau suscite pourtant un débat difficile.
La Commission a proposé un mécanisme européen d'échange de permis de polluer (ETS) qui se basera sur les secteurs industriels afin d'éviter les distorsions et à terme toutes les industries devront acheter aux enchères 100% de leur CO2.
Cette mise aux enchères des droits à polluer permettra de récolter quelque 55 milliards d'euros par an qui pourraient être utilisés en partie pour financer les demandes de pays de l'Est pour mettre leur appareil productif à niveau.
Mais que faire de certains secteurs "dévoreurs" d'énergie, comme l'acier ou les raffineries, qui risquent d'être laminées par la concurrence de pays moins vertueux?
TAXATION AUX FRONTIÈRES?
Des pays peu soucieux de l'environnement qui refuseraient après 2013 de faire des efforts pourraient en effet bénéficier de ce phénomène de "fuite carbone" en se montrant laxistes.
Deux options sont à l'étude: soit accorder des quotas "gratuits" aux industries gourmandes en énergie, soit introduire un système de taxation aux frontières des produits "sales".
L'Allemagne a rejeté jeudi cette dernière idée et, comme de nombreux pays, préfère l'option des quotas gratuits.
"Nous jugeons cet instrument inapproprié parce qu'il créerait une guerre commerciale", a estimé le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel.
De source française, on insiste sur le fait qu'Angela Merkel a bien accepté lors de sa réunion informelle avec Nicolas Sarkozy, le 9 juin à Straubing, de mener une étude sur les deux options en parallèle, sans préjuger du résultat.
"S'il n'y a pas de mécanisme crédible qui empêche la fuite carbone, il y a risque de délocalisation vers les pays peu vertueux qui sortiraient gagnants en ne s'associant pas à la discipline", explique un diplomate. "C'est la raison pour laquelle les Etats-Unis n'ont jamais ratifié Kyoto."
Les objectifs en matière d'énergie renouvelable provoquent également des grincements de dents dans plusieurs capitales.
Certains pays peu gâtés par la nature se demandent comment ils vont arriver à l'objectif européen d'utiliser au moins 20% d'énergies renouvelables provenant de sources comme l'éolien, le solaire ou la biomasse, contre 8,5% aujourd'hui.
Pour contourner l'obstacle, ils pourraient acheter des certificats d'énergie renouvelable produite ailleurs.
Une autre question tient à l'objectif de 10% d'incorporation de biocarburants, dont le bilan écologique est contesté et l'issue de ce débat, qui monte en puissance, est incertain.
La secrétaire d'Etat française chargée de l'Ecologie, Nathalie Kocuisko-Morizet a déclaré cette semaine que cet objectif constituait "sans doute une erreur" et qu'il faudra peut-être réviser l'objectif à la baisse.


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