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Pays candidat - Turquie

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Etes-vous pour ou contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne
 Oui, si elle respecte tous les critères
 Non
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Cédric83
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MessageSujet: Pays candidat - Turquie   Lun 2 Juil - 17:57

La Turquie est un sujet qui fâche. Avec 96% de son territoire situé en Asie ( Anatolie ) et 4% situé en Europe ( Thrace ), on ne sait pas ou la situer. Pourtant l’Europe la considère européenne d’un point de vue politique.

Plusieurs problèmes non résolus jonchent son processus d’adhésion :
- la fin de l’occupation illégale de Chypre, sa reconnaissance et l’application complète du Protocole d’Ankara
- la fin du blocus avec l’Arménie et éventuellement la reconnaissance des massacres d’arméniens sous la dénomination "génocide"
- la reconnaissance pleine et entière de la minorité kurde et de ses droits
- l’abolition définitive de la torture, l’émancipation totale des femmes, la liberté d’expression et de religion ( articles 301 et 305 du code pénal turc )

Plusieurs éléments favorisant son intégration :
- carrefour entre les civilisations, entre le christianisme et l’islam
- carrefour du pétrole et du gaz pour contourner d’autres pays
- population jeune, économie robuste, croissance à deux chiffres


Le parti AKP ( Pour la Justice et le Développement ) semble pouvoir mener les réformes nécessaires pour mener la Turquie à l’adhésion. D’ici 2014, la Turquie aura appliquer l’Acquis communautaire nécessaire pour adhérer à l’Union européenne. Certains officiels européens donnent 2019 comme date probable de l’adhésion, ce qui laisserait à la Turquie le temps de mener les réformes structurelles avec les fonds ( en milliards d’€ ) que lui alloue l’Union européenne.
Elle à ouvert les négociations le 3 octobre 2005 et 8 chapitres ont été gelés en décembre 2006 à cause de son refus d'appliquer le protocole d'Ankara.
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Cédric83
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Lun 30 Juil - 19:25

Arguments pour l'adhésion


* les turcs se considèrent comme étant européens en majorité
* la Turquie est un corridor énergétique reliant l’Asie centrale et le Proche-Orient à l’Europe
* la Turquie est le carrefour reliant les civilisations européennes et asiatiques
* elle favorisera l’entente entre chrétiens et musulmans
* elle favorisera l’émergence d’une Europe dynamique
* elle favorisera l’influence de l’Union européenne sur la scène internationale
* l’économie européenne sera renforcée
* la jeunesse des habitants en Turquie pourra pallier la vieillesse qui croit en Europe et pourra fournir une main d’oeuvre de qualité
* la Turquie a une des plus grandes armées d’Europe et pourra apporter sécurité et défense
* les terroristes trouveront moins d’intérêt à frapper si un pays de confession musulmane en fait partie
* le sud-est anatolien évoluera vers la démocratie et le modernisme
* la Turquie à un potentiel maritime non négligeable avec des côtes en Mer Méditerranée et en Mer Noire et sur le Détroit du Bosphore
* l’adhésion de la Turquie pourra ouvrir la porte au Caucase du Sud : l’Arménie est le premier pays chrétien du monde, l’Azerbaïdjan à un potentiel pétrolier énorme, de plus cette région sert à contourner la Russie
* l’entrée de la Turquie est stratégique pour assurer la stabilité de la région la plus dangereuse de la planète
* la Turquie dans l’Union européenne nous fera renouer avec l’histoire, notamment la Grèce et Chypre
* la Turquie à de très bonnes relations avec Israël et ses voisins
* elle à un potentiel hydrographique non négligeable avec le Tigre et l’Euphrate et les ouvrages du GAP
* elle a accordée à la minorité kurde le droit d’enseigner leur langue dans les établissements scolaires
* elle peut réguler le débit du Tigre et de l’Euphrate, ce qui est un outil de pression envers ses voisins
* la Turquie à une grande influence sur le Caucase, deuxième réserve pétrolière du monde
* la Turquie apportera de la diversité dans l’Union européenne et enrichira notre culture
* c’est un état laïc
* la Turquie est politiquement en Europe, de même que Chypre
* elle à donné le droit de vote aux femmes bien avant la plupart des pays d’Europe occidentale
* la Turquie a historiquement fait partie des royaumes helléniques et occidentaux
* Istanbul est une grande ville historique, qui s’est également nommée Byzance et Constantinople
* elle à une grande population ( 70-75 millions d’habitants ), ce qui renforcera la voix de l’Union européenne sur la scène internationale
* elle à toujours soutenu les pays d’Europe lors des grandes guerres ( en particulier contre l’Allemagne et durant la guerre
froide )
* elle a exprimé son envie d’adhérer dès 1959
* c’est la 7ème économie européenne
* si l’Union européenne refuse la Turquie, elle pourrait devenir un ennemi potentiel et s’allier avec des pays comme l’Iran
* les élections législatives de 2007 ont étés jugées libres et démocratique par le Conseil de l’Europe
* en 5 ans, les salaires ont augmentés de 20%, ce qui a fait baisser l’inflation de 200%
* même si elle aura un poids démographique énorme, les nouvelles règles de vote qui vont entrer en vigueur dans quelques années supprimeront l’unanimité, ce qui signifie que la Turquie ne pourra pas bloquer une résolution européenne à elle seule
* l’Union européenne perdrait sa crédibilité si elle refusait la Turquie après la promesse d’adhésion qu’elle lui a faite
* la Turquie est membre du Conseil de l’Europe et de la quasi totalité des organisations européennes
* il est probable que si la Turquie entre dans l’Union européenne, elle se christianisera petit à petit sur le long terme grâce à l’immigration et à l’émigration
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Cédric83
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Lun 30 Juil - 19:26

Arguments contre l'adhésion


* la Turquie ne reconnaît pas Chypre et n’applique pas le Protocole d’Ankara
* la Turquie ne reconnaît pas le Génocide arménien
* elle est majoritairement musulmane et créerait un déséquilibre en Europe
* elle maintient un blocus envers l’Arménie
* elle opprime le peuple kurde
* les droits de l’homme ne sont pas respectés, la torture, la liberté d’expression et de religion non plus
* la Turquie va coûter cher à l’Union européenne pour la mettre à niveau ( actuellement 1 milliard d’€uro par an )
* la Turquie est frontalière de la zone la plus dangereuse du globe
* une main d’oeuvre à bas salaire pourra s’implanter dans l’Union européenne grâce à la libre circulation
* la pauvreté en Turquie entraînera des compensations financières qui ne seront pas distribuées aux autres pays de l’Union européenne
* la Turquie est un pays agricole donc le budget européen dans ce secteur vers la Turquie sera plus important que pour les 12 nouveaux membres ( 2004 et 2007 ) réunis
* elle peut réguler le débit du Tigre et de l’Euphrate, ce qui est un outil de pression envers ses voisins
* la Turquie toucherait environ 10,5 milliards d’€uro par an si elle adhérait à l’Union européenne
* la Turquie n’est pas géographiquement en Europe
* les articles 301 et 305 du code pénal turc ne sont pas compatibles avec les droits de l’homme
* elle ne reconnaît pas le Patriarcat œcuménique de Constantinople
* sa capitale ne se situe pas en Europe
* les USA soutiennent l’adhésion de la Turquie, qui selon eux inhibera le projet de construction politique européenne
* les turcs pourraient s’installer partout en Europe grâce à la libre circulation
* il existe un conflit avec la Grèce sur certaines îles de la Mer Egée
* il est probable que si la Turquie entre dans l’Union européenne, elle se christianisera petit à petit sur le long terme grâce à l’immigration et à l’émigration
* l’armée à encore un trop grand pouvoir en Turquie
* il faut arrêter de repousser sans cesse les frontières de l’Union européenne
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Cédric83
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Mar 16 Oct - 19:57

Un brin d'humour sur la Turquie, que va en faire rire plus d'un, turcophobe ou turcophile, vu la situation actuelle ( armenianews ) :

Citation:
Bruxelles. Année 2050. Alors que le président de la Commission Européenne travaille calmement dans son bureau, son secrétaire y entre en panique et dit :
“Monsieur le président, la Turquie a executé tout ce que nous avons demandé d’elle pour adhésion à l’UE ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Est-ce qu’on va l’accepter dans l’Union ?”
Le Président répond calmement : “Bien sûr que non. Hmm... Laisse-moi refléchir ... Oui ! Vas, annonce-les que tous les citoyens turcs doivent parler couramment en anglais pour que la Turquie puisse entrer dans l’UE”
“Mais ... ils l’ont fait il y a 5 ans ... ils ne parlent qu’en anglais depuis... ne vous-en-souvenez pas ?
Alors dis-leur qu’ils doivent rendre Chypre du Nord !
Monsieur, ils l’ont rendu il y a 40 ans !
Alors dis-leur qu’ils doivent reconnaître l’autonomie à l’Anatolie Sud-Orientale !
Mais monsieur, l’Anatolie Orientale n’appartient plus à la Turquie. Elle est devenue l’état indépendant kurde en 2020.
Hmm... alors dis-leur qu’ils reconnaissent le génocide arménien !
Monsieur le Président, ne vous-souvenez pas qu’ils ont reconnu les génocides arménien, assyrien, grec, bulgare, russe, ukrainien, moldovien, rwandais, aztèque, inca, eskimo et ont également reconnu qu’ils ont génocidé les Britanniques, les Australiens et les Néo-Zélandais à Gallipoli à la Ière Guerre Mondiale ?
Alors dis-leur de ne plus manger de kébab !
Monsieur, ils ont arrêté d’en manger en 2007 !
Ouufff ! Alors, moi je déclare la dissolution de l’UE ! Dis-leur que l’UE n’existe plus !
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Cédric83
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Sam 17 Nov - 0:35

Globalement, on peut donc dire qu'en 2007, la Turquie continue à satisfaire de manière suffisante aux critères politiques de Copenhague. Elle a surmonté en douceur sa crise politique et institutionnelle. Les dernières élections parlementaires ont été conduites dans un respect total des normes démocratiques et des règles de droit. Le droit de manifestation à largement été utilisé par l’élite laïque ( opposition ). L’élection du président par le parlement en août a eu lieu conformément à la Constitution et un nouveau gouvernement a été rapidement mis en place. L'opposition n'à d'ailleurs pas contesté les résultats. La démocratie a prévalu dans un contexte de crise entre civils et militaires.

Que doit donc t-on faire ? Isoler ce pays entre une Europe chrétienne et un Proche-Orient instable, risquant par là de frustrer la population qui pourrait cette fois ci mettre au pouvoir des musulmans intégristes pour se protéger de leurs houleux voisins. Ou bien intégrer à l'Europe un pays majoritairement musulman, puissant économiquement et militairement, en faisant tomber du même coup un argument islamiste sur notre antagonisme religieux, et que l'absorption dans l'Union rendrait inévitablement plus stable et démocratique ?
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Mar 8 Avr - 23:55

Voici un récapitulatif de la progression de l'ouverture des chapitres d'adhésion concernant la Turquie.



Fermés ( 1 ) :

- Chapitre 25 : Sciences et recherche


Ouverts ( 7 ) :

- Chapitre 6 : Droit des sociétés
- Chapitre 7 : Législation sur la propriété intellectuelle
- Chapitre 18 : Statistiques
- Chapitre 20 : Entreprises et politiques industrielles
- Chapitre 21 : Réseaux transeuropéens
- Chapitre 28 : Protection du consommateur et de la santé
- Chapitre 32 : Contrôle financier


Bloqués par l'UE à cause de la non-application du Protocole d'Ankara ( ouverture des ports et aéroports à Chypre ) ( 8 ) :

- Chapitre 1 : Libre circulation des biens et des marchandises
- Chapitre 3 : Droit d'établissement et liberté de fournir des services
- Chapitre 9 : Services financiers
- Chapitre 11 : Agriculture et développement rural ( également bloqué par Nicolas Sarkozy, président français )
- Chapitre 13 : Pêche
- Chapitre 14 : Politique des transports
- Chapitre 29 : Union douanière
- Chapitre 30 : Relations extérieures


Bloqués par Nicolas Sarkozy, président français ( 5 ) :

- Chapitre 11 : Agriculture et développement rural ( également bloqué par l'UE )
- Chapitre 17 : Politique économique et monétaire
- Chapitre 22 : Politique régionale et coordination des instruments structurels
- Chapitre 33 : Provisions financières et budgétaires
- Chapitre 34 : Institutions
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Cédric83
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MessageSujet: Re: Pays candidat - Turquie   Ven 4 Juil - 23:53

France démocrate, 30 juin 2008 a écrit:
Géographie de la Turquie : elle est européenne !


La Turquie est géographiquement plus européenne qu’asiatique, la preuve par la carte


Depuis plusieurs années, la candidature de la Turquie en vue de son adhésion à l’Union européenne soulève un débat légitime. Parmi les arguments avancés par les adversaires de son adhésion, on peut relever le principe d’une Europe trop étendue, le poids démographique trop lourd de la Turquie (70 millions d’habitants), sa "culture musulmane" inadéquate, le Génocide arménien toujours non reconnu, etc. Mais l’argument le plus souvent avancé contre son adhésion serait sa géographie : un bout en "Occident" ou en Europe et le trois-quart en "Orient" ou en Asie. Or, cet argument ne tient pas la route. Pourquoi ?


Peurs et idées reçues

Les Turcs ont l’habitude de considérer la géographie de leur pays comme la tête d’une jument pointée vers sa voisine, la Grèce, et vers le reste de l’Europe. Belle image qui fait dire aussi aux mauvaises langues que la Turquie serait un "cheval de Troie" des Etats-Unis dans l’Union européenne, depuis que l’administration de G. W. Bush a publiquement soutenu sa candidature à l’adhésion.
Avec les prochaines élections européennes de juin 2009, les partis politiques français se mettent en ordre de bataille sur les sujets touchant à l’Europe. Et inévitablement, le débat sur l’adhésion de la Turquie refait surface, souvent pour le pire et moins souvent pour le meilleur. En effet, les relents raciaux, la peur de l’immigré, la haine de l’Islam avec l’assimilation des Turcs aux Arabes eux-même assimilés aux terroristes provoquent des fantasmes nauséabonds dans certains esprits occidentaux.
Parfois de bonne foi, d’autres adversaires à l’adhésion turque à l’Union européenne défendent leur postulat sur le fait que la Turquie ne serait pas européenne, en raison de sa géographie : un petit bout en Europe (Istanbul et son arrière-pays jusqu’à Edirne) et le trois-quart de son territoire en Asie. L’ensemble des partis politiques français tombe dans le piège de cette idée reçue sur la géographie de la Turquie.


La Turquie est géographiquement en Europe : la preuve par la carte



La carte ci-dessus démontre l’argument suivant : si les frontières de l’Union européenne se définissent par les frontières de ses Etats membres, prenons donc ses frontières les plus "asiatiques" ou les plus "orientales" que sont celles de l’île de Chypre. En effet, la république de Chypre, bien que non reconnue par le gouvernement turc, a fait partie du lot des dix pays adhérents à l’UE le 1er mai 2004. En conséquence, les frontières chypriotes sans aucune distinction sont devenues celles de l’Union européenne : l’île est ainsi très proche des côtes syriennes et encore plus proche des côtes libanaises et israéliennes.
Mais considérons aussi que Chypre, même étant une île, a des frontières équivalentes à celles d’un Etat continental. En effet, pourquoi ferions-nous la distinction entre un continent et une île, dès lors qu’on parle de frontières ? À titre de comparaison, les îles britanniques (Grande-Bretagne et Irlande) constituent des frontières européennes. De même, les départements d’outre-mer (DOM) de la France que sont la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion constituent les frontières même très lointaines de l’Union européenne.
Traçons donc un trait noir droit et vertical, à partir de l’extrémité la plus orientale de l’île de Chypre. Que constatons-nous ? Si les frontières de Chypre sont considérées comme les frontières "asiatiques" les plus acceptables de l’UE, alors que dire du territoire turc situé au niveau de l’extrémité asiatique de l’île de Chypre ? La moitié du territoire turc se trouve ainsi coupé en deux, bien au-delà du petit bout de Thrace et des limites d’Istanbul, considérés comme la "partie européenne" de la Turquie. Encore plus frappant, la capitale Ankara, ainsi que les anciennes capitales historique des Turcs Seldjoukides (Konya) et Ottomans (Bursa) sont toutes situées à l’ouest du trait noir dessiné depuis Chypre. Si les frontières de l’Europe géographique sont celles de l’Union européenne comme entité politique, alors ses frontières asiatiques passent également à travers la moitié du territoire turc !
Bien évidemment, on rétorquera qu’il reste l’autre moitié avec ses frontières polémiques avec l’Irak et l’Iran. Mais ces deux pays font souvent l’actualité et relèguent derrière eux les frontières de la Turquie avec l’Arménie et la Géorgie, des Etats majoritairement chrétiens et qui ne pourront pas laisser indifférents les défenseurs d’une Europe fière de ses "racines judéo-chrétiennes". Enfin, la ville de Trabzon (ancienne Trébizonde grecque) fut encore une des dernières capitales byzantines, après la chute de Constantinople, jusqu’en 1461. Elle se situe aussi à l’est du trait noir, au bord de la Mer Noire.


Le MoDem et la Turquie : quelles sont les positions ?

Pour François Bayrou, président du Mouvement démocrate, le critère géographique a toujours été pris avec distance sans vraiment le nier. Durant la campagne présidentielle de 2007, sa proposition sur la Turquie était celle d’un partenariat renouvelé avec ce grand pays, "pont entre l’Orient et l’Occident, entre l’Islam et nos sociétés d’héritage judéo-chrétien et de liberté de pensée". François Bayrou a toujours préféré aborder la question de l’adhésion turque dans une globalité géopolitique et historique : un pays encore en voie de démocratisation de sa société (en effet, même en Turquie, on pense que cela prendra encore des dizaine d’années !) ; une reconnaissance du Génocide arménien, ainsi que celle de la république de Chypre. Sur ce dernier point, la question chypriote nécessiterait plutôt un règlement de paix définitive entre les deux parties grecque et turque qui ont divisé l’île en deux depuis 1974.
Encore récemment, le député européen Bernard Lehideux (MoDem) affirmait que la Turquie ne pouvait pas adhérer à l’Union européenne, en raison notamment de sa géographie. Bien évidemment, si l’argument géographique est contesté dans cet article, le député européen y croit sincèrement, mais il ne se focalise pas dessus. La Turquie doit aussi, selon lui, reconnaître le Génocide arménien. Bien que cette condition ne soit pas explicitement indiquée dans les critères de négociations entre l’UE et la Turquie, le député européen a raison de la souligner comme François Bayrou.
Enfin, lors des élections européennes de juin 2004, l’ancienne UDF affirmait dans ses tracts le sixième de ses 25 engagements : "Les frontières de l’Europe doivent être définies pour ne rassembler que des pays européens. La Turquie doit être pour nous un grand partenaire, elle n’a pas vocation à rejoindre l’Union." Malheureusement, cet engagement est aujourd’hui dépassé : si l’île de Chypre a pu adhérer à l’UE, il faut que la classe politique et les citoyens européens admettent aussi que la moitié du territoire turc est en Europe, toujours par rapport à celle de Chypre. On ne peut pas non plus fixer les frontières de l’Europe, alors que des pays sont candidats à l’adhésion. Si des frontières devaient être fixées, elles devront être faites après l’adhésion ou le rejet de ces pays candidats dont fait partie la Turquie. En conséquence, les frontière de l’Europe ou plutôt de l’Union européenne sont évolutives et le resteront pendant plusieurs décennies encore.

En conclusion, le refus de l’adhésion de la Turquie ne peut plus se faire à partir du critère géographique simpliste "un petit bout en Europe, le reste en Asie". La Turquie est géographiquement européenne et l’avenir de ses relations avec l’Union européenne dépendra de sa volonté à se démocratiser, à apaiser ses relations diplomatiques avec ses voisins et avec la diaspora arménienne et à démontrer qu’un pays majoritairement musulman peut se hisser à l’égalité des Etats membres de l’Union européenne.

En 2007, les derniers sondages réalisés par le Center for European Reform (CER) ont démontré que, lorsqu’on demandait aux Européens s’ils étaient prêts à accueillir la Turquie "une fois que celle-ci aura rempli toutes les conditions posées par l’UE", les réponses étaient moins défavorables que si elle ne les remplissait pas.


Tout est donc une question de bonne volonté de part et d’autre !
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Pays candidat - Turquie

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